Korotchenzov

Grosny, Gaza et Dongass : Bombardements au phosphore blanc

Violations des accords de Minsk et crimes de guerre par Kiev

 

Notes d'analyse sur le Phosphore blanc, le lien : ICI et ICI
Bombardement au phosphore blanc sur le Donbass par l'armée ukrainienne en 2014
 
L'armée ukrainienne utilise des munitions au phosphore blanc depuis le commencement de son "opération spéciale". Les premiers bombardements des populations civiles du Donbass avec ces munitions prohibées par la Convention de Genève ont débuté en mai 2014, à Semenovka, un village situé à l'Ouest de Slaviansk. Depuis, ce type de bombardement n'a cessé d'être employé sur le front du Donbass et ce malgré les rapports réguliers de l'ONU ou des organisations humanitaires comme Human Right Watch qui par exemple dès fin octobre 2014 avait épinglé Kiev en relevant dans son rapport mensuel : 
 
"Début octobre 2014, les forces gouvernementales ukrainiennes ont utilisé des bombes à sous-munitions dans les quartiers résidentiels de la ville de Donetsk. Le recours aux bombes à sous-munitions dans les zones résidentielles viole les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre, car ces armes tuent de façon indifférenciée civils et militaires"

Régulièrement les observateurs civils ou militaires rendent compte à nouveau de l'utilisation de plus en plus fréquente d'obus provoquant des fumées persistantes et des incendies sur les zones impactées, caractéristiques de ce type de munition spéciale
 
Ainsi par exemple, le 5 juillet dernier un ensemble d'habitations civiles dans le village de Lozovskoe était détruit par un tir de mortier, l'ampleur des dégâts et le témoignage de l'habitant rencontré par l'équipe de DONi News attestent ici encore d'une utilisation par l'armée ukrainienne de munitions chargées au phosphore blanc.

5 juillet 2016, bombardement de Lozovskoe
Le phosphore est un élément chimique ("P" n° 15 de la classification atomique) dont le nom emprunté au grec signifie "Porteur de lumière".
 
On le connait sous 3 différentes couleurs : blanc / jaune, rouge et violet/noir. 
 
La déclinaison "blanche" du phosphore possède des caractéristiques particulières qui intéressèrent rapidement les militaires car en effet :
 
Ce tétra isomère (P4) du phosphore usuel a une température de fusion très basse (44,1°C), et une température d'auto inflammation encore plus basse: (30°C)
Au contact d'une forte chaleur le phosphore blanc mute en phosphore rouge.
 
UNE ARME FUMIGÈNE
 
- Le phosphore blanc est d'abord fumigène, quand il se consume dans l'air il forme du pentoxyde de phosphore, P4O10. Cette substance est extrêmement hygroscopique, elle peut absorber la moindre trace d'humidité pour former des gouttelettes d'acide phosphorique. Il se forme ainsi un aérosol avec des gouttes dont la taille est idéale pour avoir une fumée blanche (théorie de Mie), et celle-ci est efficace pour se soustraire à la détection en imagerie thermique.
 
Le problème est la capacité chimique du phosphore gazeux d'absorber l'humidité de l'aire par exemple et de se transformer alors en gouttelettes ayant les mêmes conséquences destructrices que le phosphore incendiaire.
 
17 juin 2014, attaque au mortier vers Lugansk

Sur cette vidéo du bombardement qui a coûté la vie aux 2 journalistes russes Anton Voloshin et Igor Korneliouk le 17 juin 2014 près de Lugansk on peut voir à 00'15" un premier impact fumigène sur le ôté gauche de la route. Il s'agit vraisemblablement d'un obus marqueur, faiblement chargé avec du phosphore blanc qui au moment de l'éclatement dégage une forte fumée blanche qui permet aux observateurs d'artillerie (ce jour là Nadia Savchneko) de corriger éventuellement les tirs suivants.

Cet usage du phosphore blanc est "autorisé" sous certaines conditions.
 
Impact d'un obus de mortier chargé au phosphore blanc, tiré au début de l'année 2016 à Zaitsevo
UNE ARME ÉCLAIRANTE 
 
Le phosphore brûlant dans n'importe quelles conditions et longtemps du moment où il est au contact de l'air, il est parfois employé comme une arme éclairante tirée ou larguée en altitude au dessus d'une cible.
 
Bombardement au phosphore blanc au dessus de Slaviansk en 2014
 
UNE ARME INCENDIAIRE
 
- Le phosphore blanc est aussi pyrophorique. C'est la deuxième caractéristique de cette substance, autrement dit elle s'enflamme spontanément à l'air libre et de façon plus efficace que le napalm. Cela veut dire que chaque parcelle de phosphore qui prend contact avec l'oxygène de l'air brûle instantanément quoi que l'on fasse, et cette combustion peut durer plusieurs dizaines de minutes 
 
Du 13 au 15 février 1945, le bombardement au phosphore entre dans la mémoire humaine avec la destruction quasi totale de la ville de Dresde en Allemagne par les aviations britanniques et américaines. Ce bombardement incendiaire est toujours aujourd'hui considéré comme un des bombardements les plus meurtriers de l'Histoire (certains parlent de 200 000 morts)
 
Par son rapport poids/efficacité le phosphore blanc est le produit incendiaire idéal pour les munitions légères et moyennes comme les grenades et les obus de mortiers. De plus la simplicité de sa mise en oeuvre (par simple contact avec l'air) ne nécessite pas de mécanismes complexes et coûteux dans le cas de délivrance par sous munitions aériennes.

Le phosphore se présente souvent pour ce type d'utilisation incendaire sous une forme gélifiée.
 
11 juin 2014, bombardement de Semenovka
Observation : les vidéos montrant les bombardements au phosphore blanc, sur demande de Kiev sont régulièrement supprimées des plateformes internet contrôlées par les occidentaux, y compris dans les reportages traitant du sujet comme par exemple ici celui de Médiapart

Comment classifier alors classifier telle ou telle munition de fumigène, éclairante ou incendiaire alors qu'elle utilisent toutes la même substance chimique ? 

  • Il y a d'abord la concentration du produit à l'intérieur de la munition qui atteste de l'objectif recherché de son utilisation. En effet dans le but de provoquer une fumée signalant l'impact à un régleur d'artillerie, une quantité très faible suffit largement. 
  • Ensuite il y a la proportion des munitions au phosphore dans la quantité de munitions délivrées au cours d'un bombardement et à quel moment elles sont utilisées. 
  • Enfin la nature de l'objectif "éclairé" par des tirs au phosphore permet de révéler l'objectif réel de son utilisation si ce sont des habitations civiles et que le bombardement dure dans le temps
On voit donc ici qu'il existe une part de subjectivité dans l'appréciation de la nature d'un bombardement au phosphore même s'il est évident que lorsque sont utilisées massivement sur un objectif civil des munitions au phosphore, même à caractère fumigène, (voir par exemple la vidéo "Monastère d'Iversky" plus bas) l'objectif de destruction massive et criminelle n'est plus à prouver.

Voilà pourquoi de nombreuses ONG humanitaires aujourd'hui cherchent a obtenir l'interdiction totale du phosphore blanc dans les conflits armés.

 
CONSÉQUENCES DU PHOSPHORE BLANC
 
Outre les dégâts matériels importants qu'il provoque par les incendies provoqués, le phosphore blanc occasionne des blessures multiples et graves sur les individus :
 
  • Des brûlures sévères à la fois thermiques et chimiques provoquent des hypocalcémies et/ou hyperphosphatémies et sont  souvent mortelles si 10 à 15% de la surface du corps sont atteints
  • Des intoxications dues aux fumée du phosphore blanc sont également observées ainsi des des lésions cutanées et aux niveaux des yeux.
  • Un effet psychologique non négligeable est à considérer lors des bombardements au phosphore blanc et il est même un des objectifs prioritaires de son utilisation prohibée contre les populations civiles 
Habitants du Donbass blessés au phosphore blanc. On voit bien ici l'effet corrosif de l'acide phosphorique
 
Je fais ici une parenthèse concernant le traitement médiatique de l'utilisation de cette arme infernale sur le champ de bataille. En effet on peut apprécier le cynisme des "journalopes" occidentaux les mêmes qui se pâment d'indignation lorsque l'armée russe utilise le phosphore blanc à Grosny en Tchétchénie (ce qui est condamnable) mais qui légitiment son utilisation à Gaza ou dans le Donbass... 
 
Dans le cynisme collaborateur d'un "deux poids deux mesures" criminel on doit marqué d'infamie le nom de Harold Hyman, propagandiste de guerre à BFM TV et qui, le 19 août 2014 posait cet étron médiatique abordant les bombardements au phosphore par Kiev avec un cynisme hallucinant les intégrant dans un "calcul intelligent" de Kiev !!! :
 
"C'est un peu comme si chacun redécouvrait la guerre! Or lorsque l'on bombarde, les dommages collatéraux sont la norme." (ben voyons !) "Ajoutons ici une autre horreur de guerre: l'usage de roquettes au phosphore blanc, utilisées pour illuminer le champ de bataille, (et l'utilisation incendiaire ?) a été relevée par la presse russe, et sur ce point rien ne nous dit que les images sont des faux." (Mais quand même il y a un doute puisque la source est russe !) "Le phosphore a d'ailleurs été utilisé ces dernières années par l'armée israélienne."(Oh ben Si Israël l'utilise tout va bien alors !) Ces roquettes blessent et tuent lorsque tirées trop près du sol. L'histoire de cette guerre nous dira combien de mal ces roquettes ont fait en Ukraine de l'est." (Bref, ce n'est ni urgent ni important et cela occupera les historiens qui plus tard ne sauront pas quoi étudier...)
 
Voilà bien un insecte nuisible sur lequel je ferai tomber avec plaisir une gouttelette de phosphore blanc pour lui remettre la conscience en place et lui faire sentir la souffrance des enfants du Donbass touchés par cette arme diabolique et insultés par ce cafard médiatique.
RÉGLEMENTATION
 
En 1983, l'ONU interdit l'utilisation offensive du phosphore blanc 
et qualifie cette utilisation de "crime de guerre".
 
Par ses caractéristiques, et selon les dosages employés et les objectifs de son utilisation, le phosphore se situe sur la ligne floue entre les armes classiques et les armes chimiques, aussi les règles d'emploi de cet agent sont-elles définies par la Convention sur Certaines Armes Classiques (CCAC), et en particulier le Protocole III
 
Le Protocole III sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires (comme les bombes au phosphore ou au napalm) signé le 10 octobre 1980 et entré en vigueur le 2 décembre 1983, compte 93 États 
 
Ce Protocole interdit l'utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l'intérieur de concentrations civiles. 
 
Restriction importante, le texte ne couvre que les armes utilisées intentionnellement pour incendier une cible mais pas celles qui les enflamment de manière collatérale. Ainsi, aux termes du Protocole, les dispositifs utilisant du phosphore blanc pour ses propriétés fumigènes ou éclairantes peuvent être utilisées.
 
 
Les États-Unis ont ratifié ce 3e protocole le 21 janvier 2009. 
Depuis l'armée étasunienne a utilisé massivement le phosphore en Irak et Afghanistan par exemple
 
 
L'Ukraine a signé ce protocole III le 10 avril 1981 et l'a ratifié le 23 juin 1982.
L'armée ukrainienne utilise régulièrement le phosphore depuis plus de 2 ans dans le Donbass.
 
 
L'Etat d'Israël quant à lui assume au moins sa politique criminelle puisqu'il a refusé de signer ce protocole.
L'armée israélienne utilise massivement le phosphore blanc notamment sur le territoire de Gaza.
 
Voici le texte intégral de ce protocole :
 
DÉFINITIONS
 
Article premier : Définitions
 
Aux fins du présent Protocole :
 
1. On entend par « arme incendiaire » toute arme ou munition essentiellement conçue pour mettre le feu à des objets ou pour infliger des brûlures à des personnes par l'action des flammes, de la chaleur ou d'une combinaison des flammes et de la chaleur, que dégage une réaction chimique d'une substance lancée sur la cible.
 
a) Les armes incendiaires peuvent prendre la forme, par exemple, de lance-flammes, de fougasses, d'obus, de roquettes, de grenades, de mines, de bombes et d'autres conteneurs de substances incendiaires.
 
b) Les armes incendiaires ne comprennent pas :
 
i) Les munitions qui peuvent avoir des effets incendiaires fortuits, par exemple, les munitions éclairantes, traceuses, fumigènes ou les systèmes de signalisation ;
 
ii) Les munitions qui sont conçues pour combiner des effets de pénétration, de souffle ou de fragmentation avec un effet incendiaire, par exemple les projectiles perforants, les obus à fragmentation, les bombes explosives et les munitions similaires à effets combinés où l'effet incendiaire ne vise pas expressément à infliger des brûlures à des personnes, mais doit être utilisé contre des objectifs militaires, par exemple des véhicules blindés, des aéronefs et des installations ou des moyens de soutien logistique.
 
2. On entend par « concentration de civils » une concentration de civils, qu'elle soit permanente ou temporaire, telle qu'il en existe dans les parties habitées des villes ou dans les bourgs ou des villages habités ou comme celles que constituent les camps et les colonnes de réfugiés ou d'évacués, ou les groupes de nomades.
 
3. On entend par « objectif militaire », dans la mesure où des biens sont visés, tout bien qui par sa nature, son emplacement, sa destination ou son utilisation apporte une contribution effective à l'action militaire et dont la destruction totale ou partielle, la capture ou la neutralisation offre en l'occurrence un avantage militaire précis.
 
4. On entend par « biens de caractère civil » tous les biens qui ne sont pas des objectifs militaires au sens du paragraphe 3.
 
5. On entend par « précautions possibles » les précautions qui sont praticables ou qu'il est pratiquement possible de prendre eu égard à toutes les conditions du moment, notamment aux considérations d'ordre humanitaire et d'ordre militaire.
 
PROTECTION DES CIVILS ET DES BIENS DE CARACTÈRE CIVIL
Article 2 : Protection des civils et des biens de caractère civil
 
1. Il est interdit en toutes circonstances de faire de la population civile en tant que telle, de civils isolés ou de biens de caractère civil l'objet d'une attaque au moyen d'armes incendiaires.
 
2. Il est interdit en toutes circonstances de faire d'un objectif militaire situé à l'intérieur d'une concentration de civils l'objet d'une attaque au moyen d'armes incendiaires lancées par aéronef.
 
3. Il est interdit en outre de faire d'un objectif militaire situé à l'intérieur d'une concentration de civils l'objet d'une attaque au moyen d'armes incendiaires autres que des armes incendiaires lancées par aéronef, sauf quand un tel objectif militaire est nettement à l'écart de la concentration de civils et quand toutes les précautions possibles ont été prises pour limiter les effets incendiaires à l'objectif militaire et pour éviter, et en tout état de cause, minimiser, les pertes accidentelles en vies humaines dans la population civile, les blessures qui pourraient être causées aux civils et les dommages occasionnés aux biens de caractère civil.
 
4. Il est interdit de soumettre les forêts et autres types de couverture végétale à des attaques au moyen d'armes incendiaires sauf si ces éléments naturels sont utilisés pour couvrir, dissimuler ou camoufler des combattants ou d'autres objectifs militaires, ou constituent eux-mêmes des objectifs militaires.
__________
 
Depuis, l'augmentation des bombardements ukrainiens observée depuis le début de l'année 2016 et particulièrement depuis le mois de juin; une utilisation des munitions au phosphore blanc sur les quartiers résidentiels est à nouveau observé dans le Donbass. Pour le moment aucune campagne massive de bombardement au phosphore a été observée cette année mais dune utilisation croissante de ce type de munition prohibée sur les zones civiles est enregistrée depuis quelques semaines, comme à Lozovkoe en juillet 2016 (voir première vidéo)
 
En octobre 2014, le monastère d'Iversky au Nord de Donetsk avait été pilonné par l'armée ukrainienne à plusieurs reprises et avec des munitions au phosphore blanc pour faire le maximum de dégâts par le feu et augmenter l'effet psychologique des bombardements sur la population civile et religieuse.
 
L'objectif visé et le type de bombardement restent un symbole de cette guerre criminelle engagée par Kiev contre la population civile du Donbass...
 
31 octobre 2014, monastère d'Iversky

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
Sources de l'article :
 
- Notes d'analyse sur le Phosphore blanc, le lien : ICI et ICI
Le feu grégeois: 
Il s’agissait d’un mélange de naphte, de goudron, de soufre, de résine et de salpêtre. Ce n’est encore qu’un mélange incendiaire mais grâce au salpêtre il acquiert une vigueur et une résistance à l’extinction encore jamais vues. A cet effet on peut dire que tous les combustibles ont été employés, les plus recherchés étant les liquides gras qui s’accrochent aux structures et sont impossibles à ramasser : huile, poix, résines, naphte (pétrole s’écoulant naturellement du sol).B - Les Arabes, certainement les meilleurs alchimistes de l’époque, s’intéressent de très près à une fabrication soignée et l’on pourrait dire scientifique de la poudre noire. 

Ils vont ainsi la porter à un degré de perfection qu’elle conservera sensiblement inchangé pendant plus de 500 ans. Leur démarche, pragmatique mais très habile, inspirée par les préceptes de l’alchimie d’Alexandrie, consiste à n’employer que des composés rigoureusement purifiés sinon purs, le salpêtre ; c’est un produit naturel renfermant du nitrate de potassium mais également d’autres nitrates : de calcium, de magnésium, de sodium. Ce dernier, très hygroscopique conduit à altérer rapidement les propriétés de la poudre.

Les Arabes vont non seulement purifier physiquement ce mélange mais aussi chimiquement en le traitant avec une lessive de cendres de bois, riche en carbonate de potassium, pour transformer le nitrate de sodium en nitrate de potassium (2NaNO3 + K2CO3 => 2KNO3 + Na2CO3) en jouant sur les solubilités respectives des deux composés. Au bout du compte ils obtenaient du KNO3 à peu près pur. • le soufre ; comme de nos jours il se rencontrait facilement à l’état natif dans les régions volcaniques. Sa purification nécessitait une distillation soignée.Le charbon ; on l’obtenait par combustion ménagée du bois puis broyage.
Toutefois la reproductibilité du processus de carbonisation laissera toujours à désirer. 
C’est principalement la préparation et la purification du nitrate de potassium à partir du salpêtre brut qui représente l’avancée la plus spectaculaire. Il s’agit d’un travail admirable pour l’époque qui prouve, s’il en était encore besoin, la précellence des Arabes du 13ième siècle en matière de chimie. Grâce à lui la voie est désormais ouverte à la réalisation de poudres non plus lentes mais vives, c’est-à-dire de véritables explosifs déflagrants pouvant propulser des projectiles à grande vitesse dans un tube, ce que l’on appelle pour cette raison des explosifs balistiques. Dès l’antiquité, l’artillerie mécanique de siège avait atteint un niveau d’efficacité tout à fait acceptable.

Le feu grègeois.
C'est une composition incendiaire, liquide qui aurait été mise au point au VIIèmeKalinikos, d'Héliopolis, pour l'Empire d'Orient. En réalité cette tradition est très douteuse. Ce qui est certain est que dès la fin de ce VIIème siècle Byzance a disposé d'une arme incendiaire qui a fortement contribué à sa défense contre les attaques musulmanes, aussi bien à terre qu'en mer 185 : dans le premier cas, par machines de jet lançant des pots contenant la mixture; dans le second, par lancement aussi, à la main, de petits pot-grenades et également par arrosage direct des navires ennemis à l'aide de pompes et lances incendiaires.
( En fait, c'est surtout en guerre navale, ou contre des bâtiments de débarquement, que le feu grégeois fut employé). Ce monopole byzantin fit l'objet d'un secret tel que nous ignorons la composition exacte du liquide incendiaire. On peut supposer que le mélange comprenait du naphte, du souffre, du salpêtre - apport oxydant : nitrate de potassium - peut-être de la poix et sans doute de la chaux vive, pour provoquer l'inflammation au contact de l'eau.
Très récemment des auteurs "ont ajouté" de l'aluminium en poudre, voire du magnésium ou du phosphore, mais quoiqu' hypothèses séduisantes ( non extinction par l'eau ) elles ne sont pas vraisemblables : il faudra attendre près d'un millénaire pour isoler le phosphore, et plus encore pour obtenir aluminium et magnésium - en très faibles quantités au début, car par voie chimique : l'aluminium n'est devenu un métal banal qu'à partir de sa production par électrolyse.
Les moyens de l'époque ne permettant pas de préparer une mixture incendiaire par seul contact de l'air, mais seulement de l'eau, on peut supposer que les "pots" incendiaires comprenaient en fait deux récipients isolés et étanches : l'un contenant le produit, l'autre une quantité d'eau suffisante pour assurer l'inflammation au moment où l'ensemble se brise sur l'objectif.Le secret finira par percer chez les Arabes et les Turcs - les croisés en feront l'amère expérience - mais en partie seulement : les effets décrits par les chroniqueurs ne correspondent pas exactement à ceux du "vrai" feu grégeois.
Les Arabes utilisaient notamment le pétrole pour confectionner un mélange incendiaire nommé "feu hatrénien" (ancêtre du [feu grégeois] des Byzantins) que l'on projetait avec succès sur les machines d'assaut ennemies


17/07/2016
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