PRINTEMPS RUSSE. Ukraine: 

Publié le mai 14, 2014 @ 17:00


alexPar Alexandre Sivov

Au cours de cette journée et quelques timides incursions ici ou là, on a vu deux tanks détruits à Kramatorsk. On a vu la junte de Kiev tricher en mettant le logo de l’ONU sur ses hélicoptères. Est-ce vraiment l’ONU ? Moscou réclame une enquête. Sur le terrain, l’armée ukrainienne ne restait plus que cantonnée sur le territoire de la République Populaire de Lougansk. Ses forces se seraient entièrement retirées.

UkrDonetsk

Sur le territoire de la  République Populaire de Donetsk (plus peuplée est plus proche à Kiev) il y avait des contingents de  quelques milliers de militaires. Il était problématique voire impossible de les évacuer en plein chaos. Mais tous seuls, ces derniers se décomposent à vue d’oeil.

 

Cet épisode ressemble de plus en plus aux premiers mois de 1975 au Sud Viêt-nam. Les garnisons étaient assiégées et bombardées à l’arme lourde. Or, les insurgés en ont de plus en plus. On a d’ailleurs vu des hélicoptères gouvernementaux abattus. Les embuscades sur les routes se multiplient. Fait nouveau, l’armée est presque empêchée d’acheter de la nourriture dans les magasins.

 

La montagne Karachun, près de Slaviansk, où l’artillerie de la junte de Kiev est concentrée, est bombardée deux fois par jour avec des lances-missiles de haute précision. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment d’activité du côté de l’armée ukrainienne, qui tentait encore il y a encore deux semaines d’organiser des offensives. Même au sein de la Garde nationale, composée des activistes du Secteur droit, unités les plus actives de l’armée, tout se tasse.

 

Les désertions au sein de l’armée ukrainienne, parfois avec des armes, fait des ravages. Les faits de sabotage n’ont jamais été annoncé par Kiev, ainsi que la guérilla naissante et les grèves. Kiev essaie de créer un "cordon sanitaire" dans les régions occidentales du Donbass. Une armée en pleine débandade est le pire cauchemar pour n’importe quel pouvoir au monde. Le drame est que le Donbass et la Crimée c’est un quart de la population d’Ukraine et la moitié de l’industrie et de l’exportation. Ceci va augmenter le chaos économique de l’Ukraine, qui sombre peu à peu dans le marasme le plus total.

 

En Russie, même Vladimir Poutine a une grande peur. Il craint ses militaires, qui n’obéissant guère à ses ordres, lui qui refuse une ingérence en Ukraine. Il a peur des sanctions occidentale, de ses propres oligarques, et de la crise économique russe officiellement annoncée. Et, de plus, il a peur de son propre peuple. Tout le monde en Russie sait que ce sont des drapeaux rouges qui flottent dans le Donbass et que les propriétés des oligarques ukrainiens vont être nationalisées. La contamination vers la Russie par une révolution armée rouge semblable au Donbass et bien réelle. La situation est hors contrôle et personne ne peut prédire la suite…

 

Les propos des animateurs des TV russes sur l’Ukraine sont incohérents. Leurs voix sont tremblantes. Je ressens bien ça en tant que Russe. Ils appellent avec force à la fédéralisation de l’Ukraine. Or, ce slogan date du mois de février dans le Donbass. Aujourd’hui, il est caduque.

 

Poutine tente secrètement d’insuffler un mouvement religieux, et de conférer aux insurgés du Donbass, des slogans et des formes liées à l’Eglise Orthodoxe. S’il ne peut plus arrêter cette insurrection, il veut faire d’eux des «extrémistes orthodoxes russes», ce qui serait plus convenable à ses yeux. Ce serait mieux que les slogans des communistes révolutionnaires. Hélas, en Donbass, la population se moque royalement des popes orthodoxes corrompus (et très souvent homosexuels). Le Donbass pense qu’ils ne doivent pas et ne peuvent pas s’occuper de choses sérieuses.

Alexandre Sivov