Publié le avr 15, 2014 @ 16:05

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Depuis le 13 avril dernier, Odessa est entrain de bouillir. Contrairement aux villes comme Donetsk et les autres, la presse semble être absente. Néanmoins, notre reporter sur place Alexandre Sivov s’active pour nous apporter des informations justes et impartiales. Voici son reportage à Odessa.

Par Alexandre Sivov

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La journée du 13 Mars dernier à Odessa s’est avérée violente. Le jour précédent, on m’a informé qu’il y avait une "bataille des bouledogues sous le tapis". Il s’agit des dirigeants de l’Anti-Maïdan d’Odessa. Le pouvoir les a interdit d’organiser une marche à travers la ville. On m’a dit que dans les milieux radicaux, des jeunes ont commencé à se rebeller contre ces leaders qui avaient cédé aux injonctions, aux ordres de Kiev. En me rendant sur place, on m’a conseillé de m’habiller chaudement : "Vous pourriez avoir à rester longtemps dans la rue". Et encore :  "N’oubliez pas votre appareil photo et votre caméra".

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A 14 heures, le meeting devait commencer mais sur le podium n’apparut personne. Les radicaux se sont séparés de la foule et se sont déplacés et une centaine de mètres. Ils étaient mécontents de leurs «chefs». Une discussion de la situation fut orageuse. Les jeunes radicaux s’exprimant, disaient:

Nous sommes trahis !

Depuis trois mois, nous entendons de nos dirigeants que les mêmes mots !

Quand feront-ils quelque chose ?

Qu’est-ce que cela signifie cette annulation de la marche?

Laissez-les faire ce qu’ils veulent , mais aujourd’hui, nous allons chez le Duc (Il s’agit d’un monument d’Odessa, un lieu de rassemblement traditionnel des pro-Maïdan d’Odessa) et montrer comme nous les "aimons" !

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Le Coordonnateur du département d’information et analytique de la Résistance d’Odessa, Mikhail Dolgov, m’a clarifié la situation en ces termes:

Aujourd’hui , parmi les manifestants sur la place de Koulikovo Pôle, il y a eu un clivage visible entre les chefs conciliateurs. Les dirigeants actuels des manifestations, et les citoyens ordinaires. Ces derniers ne comprennent plus ce qui se passe ici. La permission d’organiser une marche a été annulée par le tribunal. Actuellement, les concertations se poursuivent : faut-il faire la marche ou non ? Les manifestants ici sont des radicaux et cette marche peut tourner au vinaigre. Nous ne pouvons, certes, rien prévoir d’avance.

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Le meeting a finalement commencé avec un fort retard. A la tribune, on a entendu les voix tremblantes des orateurs qui visiblement avaient peur. Ils proposaient d’annuler la procession, de ne pas abuser des drapeaux russes, hisser les ukrainiens et aider les dirigeants Anti-Maïdan de négocier avec les autorités. La foule était en état de choc. La foule, consternée se mit alors en colère et gronda. Elle se mit à huer les anciens dirigeants.

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Les radicaux ont quitté le meeting et commencé à former des colonnes pour la marche au centre-ville, vers le monument au Duc, où se rassemblent les pro-Maïdan. Le but : pour se battre ! Après une courte hésitation, toutes les personnes ont quitté le meeting dans l’embarras total de ses dirigeants. Des bagarres contre des petits nazis ont eu lieu. Tout ce qui pouvait se trouvé entre les mains des Pro- et Anti-Maîdan était utilisé. Les marcheurs sont arrivés devant le siège de la SBU, sans donner l’assaut final, renseignés que ce jour-là, tous les éléments des forces de sécurité étaient en service.

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Près du siège de la SBU

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Voiture renversée

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