Korotchenzov

Odessa, une ville aux confins de l'Europe

 

Odessa, une ville aux confins de l'Europe

Stella GHERVAS

(Institut européen de l'Université de Genève)

 

 

Réactualisée par le récent débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et par la crise ukrainienne, la question des confins de l'Europe apparaît de manière contrastée dans le cas d'une ville comme Odessa. Dès son origine, elle a été conçue comme une ville libre et ouverte tout en servant de capitale à la Nouvelle Russie. Construite à l'européenne par des architectes français, elle a vu d'emblée s'installer différentes communautés nationales, et Pouchkine a pu dire à juste titre qu'on y « respire l'Europe».

 

Néanmoins, Odessa reste d'un point de vue géographique « doublement périphérique » par rapport à la Russie et à l'Europe. Tout au long du XIXe siècle, on y «exile» les intellectuels exclus des capitales de l'Empire des tsars. La ville prospère, mais de Paris, Londres ou Berlin, elle paraît en marge de l'Europe urbaine et culturelle. En 1847, Balzac ne vit lui-même «de la frontière européenne à Odessa qu'un même champ de la Beauce». Le triomphe de la révolution bolchevique introduira une véritable coupure dans l'histoire de la ville et de ses relations avec l'Europe.

 

Par un jeu de miroirs, le cas d'une ville-carrefour comme Odessa, lieu emblématique d'une Europe multiculturelle et multinationale, dit quelque chose du sens multiple de l'Europe, témoigne de ses déchirements et de ses conflits intérieurs. Elle permet aussi de mieux cerner les contenus de la civilisation européenne et de préciser les contours du Vieux Continent. C'est à l'étude de ces questions que sera consacrée cette communication.

  

Stella Ghervas

Maître-assistante à l'Institut européen de l'Université de Genève, Stella Ghervas est docteur en histoire de l'Université de Bucarest et docteur ès lettres de l'Université de Genève.  Ses domaines de recherche portent principalement sur l'histoire culturelle européenne, en particulier les échanges intellectuels entre les pays de l'Est (Russie, Balkans) et l'Occident aux XIXe et XXe siècles. Ils englobent aussi la géopolitique du monde orthodoxe ainsi que l'étude des imaginaires politiques et culturels européens.

Actuellement elle coordonne le Groupe d'études des imaginaires européens (GEIE) du Centre européen de Coppet et enseigne « Ville et culture en Europe » à l'IEUG.

 

Publications récentes :

-          Alexandre Stourdza (1791-1854). Un intellectuel orthodoxe face à l'Occident, Genève, Editions Suzanne Hurter, 1999.

-          « La réception de L'Esprit des lois en Russie: histoire de quelques ambiguïtés », in Le Temps de Montesquieu, Michel Porret et Catherine Volpilhac-Auger (éds), Genève, Droz, 2002, pp. 391-404.

-          « Manuscrits russes dans la Bibliotheca Bodmeriana », in Corona Nova, t. II, Fondation Martin Bodmer Cologny, K.G. Saur Verlag G.m.b.H. München, 2003, pp. 101-126.

-          Penser l'Europe. Quarante ans d'études européennes à Genève (dir.), Genève, IEUG, 2003 (avec Silvio Guindani).

-          « Le philhellénisme d'inspiration conservatrice en Europe et en Russie », in Peuples, Etats et nations dans le Sud-Est de l'Europe, Bucarest, Ed. Anima, 2004, pp. 98-110.

 

Pour l'ensemble des travaux publiés de Stella Ghervas voir : www.ghervas.net

 

 

 



12/08/2010
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