UKRAINE. Crimée: Vladimir Poutine avait un coup d’avance face aux amateurs occidentaux

Publié le mar 9, 2014 @ 10:51

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

Le dirigeant russe a déclaré hier qu’il ne voulait  pas une «nouvelle guerre froide», mais menacé de perturber l’approvisionnement du gaz en Europe, si ces derniers ne faisait pas marche arrière avec leurs sanctions/menaces à la noix. Qui de plus normal ? Parce que, dans cette affaire, l’Occident a validé un coup d’état en refusant de fait au peuple ukrainien de disposer de lui-même par un référendum, vrai procédé démocratique, comme la Crimée souhaite le faire. Ceci résulte du fait que, les pro-russes sont majoritaires dans le pays et c’est indéniable… Ambiance.

 

Le droit des peuples à l’autodétermination fait partie intégrante de la Charte des Nations unies. Quand on entend les salmigondis et les torrents de boue déverser sur le président russe, on comprend automatiquement que la propagande médiatique a laissé place au bruit et à la fureur. Ce n’est pas celui qui crie plus, qui a forcément raison. Un petit exemple parmi tant d’autre est Mayotte, que la "diplomatie française" tente de faire oublier. La France a annexé Mayotte en ouvrant un référendum aux seuls habitants de l’île or, l’en,semble de la communauté nationale n’a pas été consultée. Pourquoi s’offusquer de la démarche de la Crimée ? Avant d’affronter tête baissée la Russie, l’Occident sait-il que l’économie de ce pays dépend  de la Russie à 80% ? L’Occident sait-il que  Kiev a des dettes impayées de son gaz ? En réalité, les pro-Maïdan ont sans doute surestimé l’Occident, croyant qu’avec ces derniers, la grâce, le bonheur et la stabilité allaient arriver comme par magie. C’est face à tous ces amateurs que le maître du Kremlin a fait mouche, avec les soldats de sa base de Sébastopol.

 

Plus haut que jamais dans les sondages, le président russe est un brillant stratège, qui avait vu venir le basculement désastreux de l’Ukraine, non seulement dans le fascisme le plus rétrograde, mais aussi sur sa surestimation des capacités de l’Occident à peser sur l’ours russe. Un double échec qui se résume par l’aveuglement, l’amateurisme et surtout la haine de la Russie. Quand l’Europe prend plutôt ses ordres du côté de Washington, qui peut, lui, montrer ses muscles car profitant de son éloignement, les Européens sont entrain de faire fausse route. La grande différence entre Poutine et les Occidentaux est que lui au moins joue à domicile.

 

En effet, les déclarations tapageuses de l’Ouest cachent mal son impuissance face à un ennemi de taille, Vladimir Poutine donc, qui a continué à dérouler son plan conformément à l’art de la guerre du stratège chinois Zun Tsu : « Prendre possession d’un territoire sans le détruire ». Les Russes sont en Crimée et resteront. Si la Crimée se détache de l’Ukraine, cette dernière perdra encore beaucoup d’argent, car l’argent que lui verse la Russie pour son installation sur la base navale de Sébastopol sur la Mer noire, qui va jusqu’en 2047, est de l’ordre de 74 millions d’euros/annuel.

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Arrivées au pouvoir par la force, les nouvelles autorités ukrainiennes illégitimes, néanmoins adoubées par l’Occident, ne semblent visiblement pas comprendre la géopolitique, connaître l’Ukraine, et encore moins ce qui concerne les relations internationales. Comment peut-on d’entrée, une fois en fonction, déclarer la guerre à la langue russe et les Russes persona non grata en Ukraine ? Quand on sait que le sud, le sud-est et l’est de son pays sont russophones et russophiles, c’est visiblement tout ignorer de son propre pays, avec ce que nous venons de mentionner plus haut. Ignorer que sans la Russie l’Ukraine serait une voiture sans essence, fait partie, justement, de la méconnaissance totale des pro-Maïdan -pas seulement-, mais de tous leurs supporters occidentaux en mal de sensation et d’analyse.

 

Il ne reste aux aboyeurs et suiveurs des américains, ou du moins, du président Obama, pourrait d’annuler leur participation au sommet du G8 à Sotchi en juin, et aux Etats-Unis de saborder un accord commercial en cours de négociation avec Moscou et chasser la Russie du G8. ces mesures ne changeront rien. Au contraire, c’est plutôt l’Europe qui sera la grande perdante, notamment l’Allemagne ou l’Angleterre. Faut-il alors suivre aveuglément l’ogre américain ? C’est au choix…

 

Depuis deux jours, la banque centrale de Russie a retiré des banques américaines une partie importante de ses avoirs. Des milliards de dollars transférés en Europe. Les injonctions américaines ne font pas peur à la Russie. Entre déclamations ridicules et tentatives désespérées de peser, Barack Obama a, semble-t-il, perdu la raison. Quand on pense au Kosovo, qui, de facto, déclara son indépendance en 2008, il faut avouer que l’Occident a vite reconnu l’auto-proclamation de cette province de l’ex Yougoslavie. Les législateurs de Crimée ont prévu un référendum dans une semaine pour que les électeurs décident du sort de la péninsule.

 

Le parlement de Russie, a appuyé l’action et présenté un projet de loi visant à rendre cela possible. Ceux qui pensent que l’administration Obama et ses restrictions de visas contre les opposants pro-russes au nouveau gouvernement illégitimes de l’Ukraine à Kiev, ou ses sanctions financières à venir pour punir Moscou auront un effet, se trompent lourdement. Poutine ne peut plus reculer, la région est stratégique et Moscou y est dans son bon droit…Vladimir Poutine avait un coup d’avance face aux amateurs occidentaux.