Korotchenzov

Quand un état cherche dans la guerre une diversion à sa faillite


Depuis plus d'un an, Kiev joue avec le feu, piétinant ces accords de Minsk qui n'arrivent pas à être mis en oeuvre à cause des continuelles violations du cessez le feu par ses forces armées déployées sur la ligne de front du Donbass. Mais malgré l'aggravation brutale de la situation militaire, les espoirs de paix survivaient tant bien que mal lors des réunions régulières du "Format Normandie", où les belligérants acceptaient de se rencontrer...
 
Cependant,  dans la nuit du 7 au 8 août, Kiev "a franchi le Rubicon" en déclenchant en Crimée une opération spéciale qu'il est difficile de qualifier de militaire tant son mode opératoire et ses objectifs l'apparentent plutôt à une opération terroriste. 2 membres des forces de sécurité russes ont été tués lors de l'interception d'un commando ukrainien...
 
Après 2 jours d'extrême discrétion (un deuxième commando était toujours recherché) les réactions se sont fait entendre de chaque côté de la frontière russo-ukrainienne. Alors que Kiev pataugeait dans des explications délirantes accusant Moscou d'avoir inventé l'attaque (une rixe interne d'ivrognes maquillée en attaque ukrainienne, puis un kidnapping en Ukraine des membres du commando...), le Président Vladimir Poutine a réagi fermement soulignant que "Kiev montre qu’il a choisi le terrorisme plutôt qu’une résolution pacifique du conflit". 

Quel intérêt aurait eu Moscou a inventé cette histoire d'attaque contre la Crimée, alors que le régime ukrainien pourrit surement sur pied ? 


Cette attaque peut avoir plusieurs conséquences : 


  • Provoquer la Russie à réagir militairement, donnant à Kiev un enchaînement offensif dans le Donbass, et aux américains un deuxième front pour compenser leur échec en Syrie.
  • Raviver la crise criméenne entre les occidentaux et la Russie pour forcer le maintien par les européens du panel des représailles économiques contre Moscou.
La première réaction a été de suspendre sa participation au Format Normandie dont la prochaine réunion devait se tenir à Pékin, tandis que différents scénarios sont envisagés en réaction de cette agression, car "Moscou ne peut rester aveugle devant la mort de ses militaires, tués lors d’opérations spéciales pour prévenir les attaques terroristes en Crimée"
 
Le Premier Ministre Medvedev a même de son côté évoqué la possibilité d'une rupture des relations diplomatiques entre les 2 pays... Mais la Russie, comme à son accoutumé, se retient de réagir avec précipitation attendant sereinement de confirmer le jeu de son adversaire avant d'éventuellement le frapper. Dans ce domaine la diplomatie russe a toujours montré la supériorité de sa diplomatie, fondée sur la patience et une vision à long terme. On l'a encore vu récemment avec la Turquie où malgré la destruction d'un avion militaire russe, Moscou la magnanime a laissé la porte ouverte dénonçant même plus tard le coup d'Etat dirigé contre Erdogan, qui revenu à la raison a fait amende honorable et renoué son partenariat avec la Russie (au grand dam des USA !)


Ce bras de fer entre Kiev et Moscou ne date pas d'hier, la russophobie psychotique du nouveau maître de Kiev ayant été exacerbée par le retour référendaire de la Crimée vers une Russie à laquelle historiquement elle appartient depuis des siècles, et aussi par la rébellion séparatiste de la population russe du Sud Est, qui en créant les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk l'a amputé d'une grande partie du Donbass industriel.
 
Ces dernières semaines, les actions russophobes de Kiev s'étaient intensifiées avec entre autres :
 
  • Augmentation des bombardements dans le Donbass 
  • Le refus d'accueillir Mikhaïl Babitch le nouvel ambassadeur russe en Ukraine 
  • Le retour du régime des visas entre la Russie et l'Ukraine
  • Le blocage de négociations au cours des réunions  de Minsk 2
  • Le refus de payer le nouveau prix du gaz importé de Russie
  • etc...
Parallèlement à cette politique agressive, Kiev continue de mendier auprès des pays occidentaux des aides techniques et financières pour rester en vie et entretenir sa haine du monde russe : soutien militaire, financier, logistique, politique etc... sauf que, à part quelques fanatiques comme le Canada ou les pays baltes, les autres pays occidentaux se e méfient de plus en plus de l'ingérable et sulfureux Porochenko.

Depuis l'incident de Crimée, Porochenko a mis en alerte de combat toutes ses unité déployées sur la frontière avec la Crimée et la ligne de front du Donbass, et de nombreux convois militaires sont depuis observés faisant route vers ces deux secteurs.
 
Même si aujourd'hui les médias occidentaux font gorge chaude de cette éventuelle rupture des relations diplomatiques,sans mentionner l'attaque contre la Crimée ou tout au plus en mettant en doute sa véracité, je ne pense pas que Moscou déclenche ce protocole préparatoire à un conflit ouvert avant une nouvelle provocation ukrainienne. C'est d'ailleur ce que laisse sous entendre le 1er ministre russe lorsqu'il évoque cette option sur son site ministériel : "Je ne voudrais pas que cela se termine de la sorte mais s'il n'y a pas d'autre moyen de faire évoluer la situation, le président prendra probablement cette décision"
 
En revanche ce qui est sûr c'est que les relations entre Kiev et Moscou vont être maintenant gelées pour ne pas dire glaciales, alors que le Kremlin avait été parmi les premiers gouvernement a saluer et  accorder une légitimité au Président Porochenko au lendemain des élections ukrainiennes de mai 2014... Depuis son élection Piotr Porochenko, trahissant tous ses engagements internationaux n'a eu de cesse que d'envenimer la situation politique et militaire entre Moscou et Kiev.
 
Il est probable que cette opération terroriste ukrainienne en Crimée dont la probabilité de réussite militaire était quasiment nulle, a pour objectif de provoquer la Russie qui a toujours montré vis à vis de ce genre d'attaque un réactivité légitime, immédiate et forte. Porochenko cherche la guerre pour cacher la faillite de sa politique et prolonger un temps son pouvoir, mais il faut que ce soit la Russie qui réalise la première frappe spectaculaire et médiatique, pour servir la diabolisation de Moscou et victimiser le laquais étasunien installé à Kiev.
 
Les USA sans bien sûr oser critiquer publiquement cet acte que le Président russe qualifie de "jeu stupide et dangereux" ont déclaré leur vive inquiétude devant cette nouvelle escalade dans la cris ukrainienne... Soit Washington continue de jouer son rôle hypocrite, comme avec le coup d'état manqué en Turquie, soit il n'était réellement pas au courant de cette opération (j'en doute), auquel cas son chien enragé ukrainien a cassé sa laisse.
 
 
Dans le Donbass, la population attend à tout moment subir des orages d'acier violents et annonciateurs d'une nouvelle offensive de Kiev, mais la colère de la Russie en Crimée semble avoir quelque peu calmé les attaques d'une armée ukrainienne qui semble qui semble attendre aujourd'hui la confirmation d'une réactivation d'une guerre de grande ampleur.

Sur le terrain les bombardements continuent cependant et surtout des multiples convois militaires faisant route vers le front sont signalés depuis quelques jours.

Lorsque César prononça le fameux "Alea jacta est" (les dès sont jetés) en franchissant le Rubicon en 49 avant JC, il pouvait en fait toujours renoncer à son projet d'invasion de la Gaule. Qu'en est t-il de Porochenko qui lui semble s'être engagé aujourd'hui dans une fuite en avant autant suicidaire que belliciste ? 
 
Tout en réagissant désormais de façon ferme et proportionnelle, Moscou laissera le plus longtemps une porte entrouverte pour une solution diplomatique. C'est certainement le sens a donner à cette retenue du Kremlin à rompre les relations diplomatiques avec ce régime fantoche.  

Première réponse militaire russe à l'attaque de la Crimée
D'un autre côté les exercices navals russes en Mer Noire, le déploiement des missiles S400 en Crimée sont autant d'avertissements adressés à cette Ukraine brune qui si elle persiste dans sa politique terroriste n'aura pas le temps de signer sa folie criminelle...
 
En cas de récidive ukrainienne, la réaction diplomatico-militaire russe sera très rapide et probablement que les USA et les pays européens regarderont alors ailleurs (comme en 2008 en Géorgie) trop heureux de se débarrasser d'un chien enragé devenu incontrôlable...

Désormais les limites de la patience russe sont atteintes...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 


13/08/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 12 autres membres