Korotchenzov

Qui fournit l’armée ukrainienne ?

Kiev a lancé le 15 avril dernier une opération antiterroriste en vue de réprimer la révolte qui a éclaté dans le Donbass suite au renversement du régime du président Viktor Ianoukovitch le 22 février.


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Alors que la Russie est accusée d’armer les insurgés du Donbass, l’Occident poursuit silencieusement depuis plusieurs mois son aide militaire à Kiev, dont l’arsenal guerrier a été dilapidé au cours des vingt dernières années. Tour d’horizon du profil et des alliés militaires de l’Ukraine.

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Division de l’armée ukrainienne dans le Donbass. Crédits : ministère de la défense ukrainien

L’ami lituanien

Après avoir promis une aide militaire à l’Ukraine, la Lituanie pourrait aller jusqu’à lui fournir concrètement des armes. « Nous sommes tombés d’accord sur des livraisons de certains éléments d’armements destinés aux forces armées ukrainiennes », a déclaré le président ukrainien Petro Porochenko à l’issue de sa rencontre avec la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, lundi 24 novembre, à Kiev.

Cette même Dalia Grybauskaite qui, une semaine auparavant, qualifiait la Russie d’« État terroriste ». Aucune information n’a circulé, toutefois, sur le type et la quantité d’équipements dont il est question. Si le président ukrainien préfère s’abstenir de commentaires, la chef d’État lituanienne continue de marteler que ce thème « n’a pas à être débattu publiquement ». En fait, Vilnius n’en est pas à son premier contrat d’aide militaire à l’Ukraine. En août, le pays avait fourni à Kiev des casques, des gilets pare-balles et des boucliers balistiques souples. Plus récemment, en septembre, le ministère ukrainien de la défense a reçu six tonnes d’aide humanitaire en provenance de Lituanie, dont 4600 rations sèches, des médicaments et du matériel médical. Deux tracteurs blindés auraient également été livrés pour la construction de fortifications.

Les amis d’amis

Et la Lituanie ne constitue pas une exception. Au cours des six derniers mois de conflit dans l’Est ukrainien, plusieurs pays de l’UE et membres de l’OTAN ont affiché leur soutien au gouvernement du pays. En avril, la France a ainsi fourni un millier de gilets pare-balles à l’Ukraine, tandis que la Norvège lui emboîtait le pas, deux mois plus tard, en envoyant plus de 60 tonnes d’aide humanitaire, dont 77,5 mille rations de combat. En août, ce fut au tour de la Grande-Bretagne de fournir aux forces armées ukrainiennes 180 lots d’équipements de défense (gilets pare-balles et casques), puis de l’Espagne (300 casques et 500 gilets) et de la Slovaquie, qui a envoyé plus de 2,5 tonnes d’aide humanitaire aux gardes-frontières ukrainiens. Enfin, en octobre, le Danemark a fourni à Kiev 15 systèmes GPS de type 695 Atlantic.

Le parrain américain

Mais l’aide européenne n’est qu’un maigre coup de pouce, comparée au soutien américain. Washington a en effet débloqué une aide militaire de 320 millions de dollars à Kiev, dont 118 millions dédiés à l’équipement et à la formation des gardes-frontières, de la garde nationale et des soldats, ainsi qu’à l’achat d’armes non létales, 20 millions censés assurer la mise en place de réformes nationales et trois autres millions perçus par les réfugiés ayant quitté les zones de conflit du Donbass (le rapport complet est disponible sur le site de l’administration présidentielle américaine). Une aide qui vient ainsi s’ajouter au prêt d’un milliard de dollars attribué en mai à Kiev par les États-Unis.

Et la liste est encore longue. Fin mars, la république ukrainienne a reçu, sous forme d’aide humanitaire, 330 000 rations de combat. Sur le plan militaire, Washington a fourni à la partie ukrainienne des casques, des gilets pare-balles, des lunettes de vision nocturne et d’autres équipements. Un groupe d’experts militaires américains s’est même rendu en Ukraine en juin afin d’« évaluer et élaborer des programmes de coordination entre les forces armées ».

Quant à la partie immergée de l’iceberg, des informations apparaissent régulièrement sur Internet montrant que le volume d’aide américaine, déjà important, le serait en réalité davantage. Fin novembre, le groupe de hackers connu sous le nom de Cyber-Berkut a publié sur son site web un certain nombre de documents, soi-disant interceptés depuis le téléphone cellulaire d’un des membres de la délégation du vice-président américain Joe Biden, alors en visite en Ukraine. On y apprend que le gouvernement ukrainien s’attendrait à recevoir des armes de la part des Américains, notamment 400 fusils de snipers, 2000 fusils d’assaut, 720 grenades et près de 200 mortiers. La Maison Blanche continuerait toutefois de refuser de livrer à Kiev des armes létales à Kiev.

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04/12/2014
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