Korotchenzov

Témoignage d'un volontaire français et homme d'Honneur

Lutter à leur côté était un honneur pour moi"

 
Sergio, est un français qui a rejoint le front fin juin pour combattre avec les rebelles du Donbass jusqu'à la mi août. Il nous apporte ici un témoignage vrai ou rayonnent la noblesse et l'humilité d'un homme répondant à l'appel de son coeur.

Un grand merci à lui !
 
 
" Je suis loin d'être un spécialiste militaire de haut niveau, je suis un simple étudiant français de 22 ans et je n'ai qu'une petite expérience militaire dans l'armée française. Je suis originaire du Donbass où j'ai encore de la famille.
 
"Ce qui se passe actuellement en Ukraine est une énorme injustice. L'Europe et les Etats-Unis sont en train de s'acharner sur le peuple russophone d'Ukraine qui a eu le malheur de ne pas être d'accord avec Maydan. Non seulement les gens se font massacrer, mais on les fait passer pour des terroristes.
 
"Quand on connait la vérité, on ne peut pas rester les bras croisés, ce serait de la lâcheté. Celui qui a la vérité, a le devoir moral d'agir. Ainsi, dès que j'ai pu, je suis parti à Donetsk en espérant que le peu de mon expérience militaire pourrait servir aux locaux pour se défendre contre l'agression dont l'armée ukrainienne est le principal instrument.
 
"Arrivé fin juin à Donetsk, j'ai rejoint le SBU, ex-bâtiment des Services de Sécurité ukrainiens. C'est là qu'était basée une unité de l'Armée Orthodoxe Russe. Il y a avait des armes pour une trentaine de personnes, alors que l'unité en comptait environ 200! De nouveaux volontaires arrivaient tous les jours, mais on avait rien à leur donner. La plupart étaient des locaux, beaucoup de jeunes sans aucune expérience militaire, mais avec la ferme volonté de vaincre. Les anciens militaires prenaient les fonctions de commandement (et ils se comptaient sur les doigts d'une main). Un ex-soldat 1ère classe des paras ukrainiens était par exemple commandant de compagnie!
 
"Je comptais partir pour Slaviansk avec d'autres volontaires, mais on m'a proposé de rester à Donetsk et d'aider les chefs à former et organiser leur unité. Deux jours après ils ont réussi à me convaincre. J'étais devenu leur instructeur. 
 
"Je devais former les gens avec 4 AK-74 démilitarisés. Tous les jours, du matin au soir, les différentes sections venaient et je leur montrais comment se servir d'une arme, leur apprenais les règles de sécurité pour éviter que des accidents arrivent.
Comme beaucoup des chefs de l'unité, j'ai du moi-aussi accumuler les fonctions et ne dormir que 3 heures par nuit. J'étais responsable d'une section de 20 personnes, je dispensais leur formation ainsi que celle des autres. Lorsque la nuit tombait, je renforçais les 4 gardes armés aux entrées du bâtiment.
 
"Plus tard, les combattants de Slaviansk se sont repliés à Donetsk. Notre unité a déménagé dans une base militaire à côté de l'aéroport.
 
Sur une base militaire à coté du village Peski, près de l'aéroport de Donetsk. Sur le site d'une usine détruite en juillet par les bombardements ukrainiens
"Notre nouvelle mission était de tenir le bloc-poste de Peski. Nous étions en plein sur le front. Je continuais à former les gars, le terrain me permettait d'expliquer les bases du combat, ils apprenait à se déplacer avec tactique en s'appuyant mutuellement.
Les "Grad" ont commencé à touché le bloc-poste, il y avait des blessés. J'étais parti avec un petit groupe chasser l'observateur d'artillerie qui réglait de tir, qui devait se planquer en haut d'une montagne artificielle (typique de la région minière de Donbass).
 
"Mi-juillet, on a dû se replier lorsque les chars de combat ukrainiens ont franchi le bloc-poste et ont commencé à tirer sur nous.
Puis, des renforts sont arrivés et nous sommes partis à la chasse aux chars. On se battait partout autour de la base, il y avait des cas de tirs fratricides. Je me suis retrouvé avec une unité du bataillon Vostok. Un char est sorti du virage à environ 25 mètres de nous en arrivant à pleine vitesse. Il a eu le temps de nous tirer dessus et de faire des blessés avant d'être détruit.
Nous avons ensuite repris le bloc-poste avec l'aide de nos chars. Le jour suivant, les Grad ont recommencé à nous pilloner en plein découvert. J'ai du rester allongé dans un caniveau car il n'y avait pas d'abri aux alentours. Toute la nuit, nous étions encerclés dans un garage pour camions Volvo. La station-service brûlait à côté et le feu s'est propagé à la forêt, les snipers nous empêchait de sortir du bâtiment. Puis, des renforts sont arrivés et nous avons essuyé une attaque massive du bataillon Donbass.

"Les choses se sont calmées, mais les ukrainiens pilonnaient notre base ainsi que le quartier autour. Nous avons pu évacuer les civils. Le quartier était abandonné, il y avait des meutes de chiens errants. On leur donnait à manger et ils nous servaient de gardes. Quand il y avait des tirs d'artillerie, ils courraient à l'abri avec nous. Quelques jours après, la base était entièrement rasée, ainsi que l'usine qui se trouvait à côté. Les habitations civiles étaient aussi détruites. On se croyait dans un film d'apocalypse.
 
"Plus tard, notre unité à rejoint les cosaques du Don. Nous sommes partis établir un bloc-poste au Sud-Est de Donetsk à Novy-Svet. Les villageois nous apportaient à manger tous les jours, du poisson qu'ils avaient pêché et ils nous livraient des informations sur les ukrainiens. Les ukraniens ont tiré des bombes au phosphore sur un village, qu'on voyait brûler toute la nuit. Ils venaient attaquer le village, on les repoussait et ils bombardaient le village pour couvrir leur retraite. Ce scénario se répétait chaque jour, mais quand nous avons repéré leur base et tiré quelques coups de mortiers, ils ont eu peur et sont tous partis! Quels courageux soldats!
 
"Par la suite, je suis retourné en France en laissant derrière moi des hommes organisés et capables de mener des missions de combat face à un adversaire plus fort. J'ai accompli mon devoir d'agir. A présent, mon devoir est d'informer.
 
"La force des ukrainiens réside dans le politique internationale qui leur permet de faire ce qu'il veulent, utiliser leur matériel lourd contre les civils, ainsi que le matériel interdit. Mais la force des russes réside dans leur esprit! Les russes peuvent faire preuve d'une très grande capacité d'adaptation et sont prêts à endurer le pire pour une bonne cause. Une telle noblesse d'esprit est rare en ce monde dominé par les valeurs de paresse et de consommation. 
 
Lutter à leur côté était un honneur pour moi."
 
" Sergio le Français"


07/10/2014
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