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UKRAINE. FACE AUX PROVOCATIONS AMÉRICAINES, LES RUSSES NE SE LAISSERONT PAS FAIRE

Publié le avr 23, 2014 @ 9:28

Après la visite du vice-président américain Joe Biden à Kiev, Washington a annoncé que 600 soldats allaient être déployés pour des exercices en Pologne et dans les pays Baltes, un geste destiné à montrer son engagement à ses alliés de l’Otan. La belle blague. Dans le même temps, ils sont les premiers à dénoncer la présence des troupes russes aux frontières avec l’Ukraine. Mais, ce qui est plus amusant dans cette affaire, c’est de voir ce nouveau pouvoir ukrainien, endetté jusqu’au cou, narguer la Russie sans laquelle leur pays pourrait se retrouver sans gaz. 

Quand le président ukrainien par intérim, annonce dans un communiqué la reprise de l’opération « antiterroriste » dans l’est de l’Ukraine, on comprend qu’il a eu l’aval de Washington pour tuer… « J’exige des forces de sécurité la reprise (…) des opérations antiterroristes, destinées à défendre des terroristes les citoyens ukrainiens, qui vivent dans l’Est de l’Ukraine ». Tout est dit dans cette prose martiale mais, la réalité du terrain risque d’être une surprise pour Kiev et une véritable humiliation en perspective car, finalement, les Russes ne se laisseront pas marcher sur les pieds. Venant d’un usurpateur et obligé des Américains, c’est simplement se moquer de la démocratie qu’ils disent prôner alors qu’ils valident honteusement un coup d’état.

Enterrement hier, à Sloviansk, des trois pro-russes assasinés par le Secteur droit

Enterrement hier, à Sloviansk, des trois pro-russes assasinés par le Secteur droit

 

Mais, ce chantage permanent, relatif aux sanctions contre la Russie risque de se retourner contre les Etats-Unis et ses alliés. Moscou n’aura pas de mal à expliquer à son peuple les difficultés économiques suite aux déclarations guerrières de Washington, ses affidés et ses sous-fifres. Le Kremlin n’a pas fait de commentaire sur les derniers développements de cette crise ukrainienne mais attend agir le moment opportun. Ses cibles potentielles seront américaines, très probablement.

 

La faute américaine est de donner, à Kiev, le permis de tuer, sans toutefois lui demander de respecter l’accord de Genève constamment violé par ses soins. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui s’est à nouveau entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov, hier, mardi, a menacé à nouveau Moscou de« sanctions renforcées » en l’absence de progrès. Que de menaces ! La Russie, exacerbée, a cette fois-ci répondu sur le même ton, soulignant la nécessité pour les usurpateurs de Kiev d’appliquer les mesures prévues par l’accord.

 

Désescalade ? Que nenni. Washington met le feu en se permettant tout. Lors de l’entretien de Kerry et Lavrov, le secrétaire d’Etat américain est encore allé plusloin en exigeant de Moscou de demander publiquement aux protestataires de l’est de l’Ukraine, de déposer les armes. Pour qui se prend-il ? On est là en plein délire.

L‘ex-président de la République tchèque Vaclav Klaus, dans une interview accordée à la télévision tchèque a déclaré: "La Russie et Poutine ne sont pas à l’origine des événements éclatés à Maïdan de Kiev.

La situation a été inversée par l’Europe occidentale et les Etats-Unis ». Qui dit mieux ?

Ukraine : Des avions de chasse français engagés dès dimanche dans le ciel balte

L'Otan prend très sérieusement les menaces de Moscou qui s'est dit mercredi prêt à intervenir si ses intérêts étaient menacés dans l'est du pays.

 

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La menace est prise très au sérieux par l'Otan. Mercredi, le secrétaire général adjoint de l'Alliance, Alexander Vershbow, a vivement condamné la «rhétorique enflammée» de Moscou qu'il accuse de «travestir la réalité en Ukraine». «Le recours à des menaces voilées et le lancement de nouveaux exercices militaires près de la frontière ukrainienne ajoute de la tension à une situation déjà volatile, et viole l'esprit de l'accord de Genève», estime Alexander Vershbow. Après quelques jours d'espoirs d'apaisement avec la signature d'un compromis international à Genève, le ton est monté de nouveau entre Moscou et les Occidentaux qui déploient leurs troupes près des frontières ukrainiennes.

Les quatre avions de chasse que la France a mis à disposition de l'Otan pour la surveillance de l'espace aérien des pays baltes seront opérationnels dès dimanche. Ils opéreront depuis une base aérienne située en Pologne. Paris avait proposé à la mi-mars de déployer des Mirage 2000 ou des Rafale dans la région, la Lituanie, l'Estonie et la Lettonie ne disposant pas de forces aériennes. Par ailleurs, un avion radar Awacs français survole tous les trois jours la Roumanie. Mais, pour l'instant, le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a indiqué n'avoir pas été chargé par le pouvoir politique de mettre en œuvre d'autres mesures de soutien aux alliés de l'Otan.Autre signe de tension: au Royaume-Uni, des avions de chasse ont été envoyés mercredi après que deux appareils militaires russes aient été repérés approchant le nord de l'Écosse, rapporte le ministère britannique de la Défense.

Washington envoie des troupes

De leur côté, les États-Unis sont passés à la vitesse supérieure afin de rassurer ses alliés, voisins de l'Ukraine. Une compagnie de 130 soldats américains a atterri mercredi en Pologne. La veille, Washington a annoncé l'envoi de quelque 600 militaires américains pour des exercices en Pologne et dans les pays baltes. Ce premier déploiement doit durer un mois, à l'issue duquel les troupes seront ensuite remplacées par d'autres forces de l'US Army. Le porte-parole du Pentagone a précisé qu'il s'agissait d'opérations «bilatérales» de la part des États-Unis et non d'exercices de l'Otan, notant cependant qu'il n'y avait eu aucune réticence exprimée de la part d'autres membres de l'Alliance.

Mais l'annonce de ce nouveau déploiement ne semble pas inquiéter outre mesure Moscou. La Russie s'est dite prête mercredi à intervenir si ses intérêts étaient menacés dans l'est de l'Ukraine, après la relance d'une «opération antiterroriste» par Kiev contre les séparatistes. «Si nos intérêts légitimes étaient attaqués directement, comme par exemple ils l'avaient été en Ossétie du Sud, je ne vois pas d'autre manière que de répondre, dans le respect du droit international», a averti Sergueï Lavrov. Le ministre russe des Affaires étrangères nie également la présence de militaires ou officiers de renseignement russes en Ukraine et affirme que les photos dévoilées cette semaine par les États-Unis étaient «truquées».

 

Cet avertissement vient en réponse à la relance de la part des autorités ukrainiennes pro-européennes de l'«opération antiterroriste», auparavant suspendue pour Pâques. Cette opération, qui avait tourné à la déroute la semaine dernière, n'affiche pour l'instant qu'un succès modeste: la «libération» selon Kiev de Sviatoguirsk, une ville de 5.000 habitants où les habitants incrédules n'avaient observé aucune occupation séparatiste.

Liberation



24/04/2014
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