Par Laurent Brayard pour Novorossia vision

Vidéos sous-titrées en français par Thalie Thalie

Nous savions déjà que le régime de Kiev ne supportait guère la contradiction et encore moins l’opposition. Depuis que la Rada a été nettoyée par la terreur, depuis que les russophones ont été relégués au rang de sous-citoyens, la situation démocratique dans le pays se dégrade de jour en jour. Les groupes d’activistes néo-nazis qui ont infiltré la Police, les ministères, l’armée et qui occupent des places de choix dans le gouvernement, dont le ministère de l’Intérieur usent de la force depuis déjà bien longtemps.

 

C’est le cas contre un journaliste de la chaîne de télévision Kanal 112. Il s’appelle Ruslan Kotsaba, il n’est pas du tout originaire de l’Est de l’Ukraine, mais de l’Ouest. Après le lancement illégal d’une mobilisation par Porochenko juste après son retour de Paris ; où il était certainement venu demander l’autorisation et des moyens aux pays de l’Union européenne ; ce journaliste a décidé dans les jours qui ont suivi de lancer un appel pour sensibiliser ses concitoyens sur le caractère illégal de cette loi et sur le caractère insensé de cette guerre.

 

Dans son message, il déclarait qu’en tant que correspondant de guerre qui suivait cette dernière sur le front (du côté des Ukrainiens), qu’il n’y avait pas de troupes régulières russes dans la zone séparatistes. Il déclarait ne pas faire le jeu du président Poutine mais que cette mobilisation était criminelle, que des hommes mouraient, qu’ils mouraient par la folie des oligarques ukrainiens, pour faire leur richesse, pour consolider leur pouvoir, pour enrichir des banques et des intérêts privés. En conclusion, il appelait donc la population à refuser cette mobilisation et à refuser les manipulations qui sont à l’œuvre dans son pays.

 

Ruslan Kotsaba: Je refuse la mobilisation [sous-titres français]

Après quelques jours, il fut arrêté par le SBU, le 8 février 2015. Son appartement a été perquisitionné et il a été jeté en prison le temps d’une enquête, l’accusation étant celle de haute trahison. La vidéo qu’il a tournée avait été vue des milliers de fois. La mobilisation comme nous le savons fut un échec retentissant, les chiffres annoncés étant de 57 % des appelés ayant rejoint les centres de mobilisation… Les autres avaient déjà pris la poudre d’escampette bien décidé à ne pas participer à cette boucherie annoncée alors que l’armée ukrainienne était en pleine déroute sur le front oriental. Cet homme courageux risque des sanctions très lourdes, dans le climat actuel peut-être même risque-t-il sa vie, comme en témoigne la disparition d’autres journalistes ou blogueurs (russophones) au début du conflit.

 

Deux jeunes femmes sont en effet portées disparues, notons aussi l’appel de Victoria Shilova députée du Conseil régional de Dniepropetrovsk qui appelait elle aussi à refuser la guerre et la mobilisation. Comme Kotsaba, Shilova dénonçait la nature illégale de cette mobilisation, car l’état ukrainien n’avait pas déclaré l’état de guerre dans le pays. Pourquoi ? Afin de ne pas verser dans le futur de pensions aux futurs vétérans ou aux grands blessés, afin de ne pas reconnaître le statut de vétérance aux soldats qui servent dans cette guerre et pour des raisons politiques.

 

Rappelons d’ailleurs que les insurgés du Donbass, ont découvert des fosses où les Ukrainiens brûlaient les corps de leurs soldats (en hiver) afin de faire disparaître toute trace et de les inscrire comme « Portés disparus ». Un procédé ignoble permettant de sous-entendre qu’ils pourraient avoir été des déserteurs, qu’ils n’avaient pas été tués et pour diminuer les annonces des pertes.

 

Ukraine. Rouslan Kotsaba accusé de haute trahison, arrêté et écroué [sous-titres français]

La révolte courageuse de Ruslan Kotsaba ou de Victoria Shilova démontre que dans le pays, en Ukraine, dans tout le pays, une opposition et une fronde sont en train de naître. Elles sont le cri pour l’instant de gens qui sont l’élite de l’Ukraine, journalistes, politiciens. Mais des signalements de protestations populaires commencent à poindre ici et là, les gens étant à l’heure actuelle tenus en laisse et effrayés par les forces de police hantées par les membres de l’extrême droite dure, par les partisans néo-nazis de Svoboda ou du Pravy Sektor.

 

Aucun média français ou européen ne vous parlera de la vie de ce journaliste qui est en danger, car pour l’Union européenne, pour la France de Hollande, il ne compte pour rien… Si dorénavant, il avait été arrêté et persécuté par les russophones, son nom serait déjà connu de la planète entière. Voilà la politique de deux poids, deux mesures que pratiquent ces journalistes qui vivent couchés à Paris dans leurs rédactions.