Korotchenzov

UN JEUNE COMBATTANT DES FORCES D'AUTODÉFENSE : MON ARME PRÉFÉRÉE EST LA MITRAILLEUSE LOURDE "YOUTIOS"

 

News-Front : - Présente-vous. Quel est votre surnom de guerre ?
- Strizh.
N.F. : - Vous êtes natif d'où ?
Strizh: - De la ville de Kiowsk, de l'oblast de Donetsk.
N.F. : - Vous êtes donc né ici et habitez au Donbass ?
S. : - Oui.
N.F. : - Quelle était votre activité avant la guerre ?
S. : - Mineur.
N.F. : - Qu'est-ce qui a motivé votre choix ? Qu'est-ce qui a fait que vous avez abandonné votre paisible activité pour prendre les armes et vous joindre aux Forces d'Autodéfense ?
S. : - Parce que des ennemis sont venus et ont commencé à tuer femmes et enfants, qu'ils ont pillé, chassé et fait souffrir la population pacifique.
N.F. : - Y a-t-il d'autres motivations ? la position du syndicat (NdT : Syndicat des Mineurs, le DonProfSoyous) ?
S. : - Disons que c'est un fil conducteur. J'en ai eu marre de voir avec quelle bestialité la junte de Kiev agit. Voilà pourquoi nous sommes partis en résistance.
N.F. : - Cela fait fait longtemps que vous êtes dans les Forces d'Autodéfense ?
S. : - Six mois. Après la bataille de Slavianka. À Slavianka, je n'y étais pas.
N.F. : - Où avez-vous commencé à prendre part aux combats ?
S. : - En tout premier, à l'aéroport. 
N.F. : - Pour une première fois, vous vous êtes trouvé au milieu du combat le plus acharné. 
S. : Pratiquement oui. 
N.F. : - Quelles ont été vos impressions ?
S. : - Mes impressions ? C'était incompréhensible. J'étais un "bleu" au milieu de combattants déjà aguerris. Je ne voulais pas les décevoir. La première fois que j'ai pris une arme, je ne savais ni quoi, ni comment faire. Les anciens m'ont montré. Petit à petit, c'est venu. Et maintenant, je m'en tire assez bien. Ils m'ont mis servant d'une mitrailleuse lourde qui peut détruire tous les blindés légers, une mitrailleuse "Youtios" [voir ci-dessous]. Cetes, elle ne "prend" pas un tank, mais un BTR, un BMP, si. Elle peut les brûler. La "Youtios" est devenue mon arme préférée. Pendant ces jours difficiles que nous traversons, je n'ai besoin de rien d'autre que de ma "Youtios", c'est ma "petite copine". 
N.F. : - Et depuis, vous avez participé à d'autres combats ?
S. : - Quasiment à tous. Pourtout où nous nous sommes battus, j'y étais.
N.F. : - Et donc certainement aussi à Debaltsevo ?
S. - Je n'étais pas encore là, ni pour le nettoyage. Ici, à Debaltsevo, j'occupe cette position pour la première fois avec le bataillon "Piatnashka" (NdT : y servent également les volontaires français).
N.F. : - Vous avez choisi ce bataillon par hasard ?
S. : - J'étais à Marianka, avec un autre groupe. J'avais pour mission de tenir une position. C'est alors que d'une direction opposée, sont arrivés ceux de la "Piatnashka". Mais eux combattaient. Ils avançaient. Moi, tenir une position ne me convient pas. J'ai envie de libérer au plus vite ma région natale. J'ai donc quitté l'autre groupe. Je suis rentré pour un moment à la maison pour aider mes parents. Et j'ai pris la décision de venir avec eux. On m'a pris. Le commandant est bon. Le collectif est soudé. Tout le s'aide. À la guerre, chaque individu se découvre tel qu'il est. Si, dans la vie civile, tu peux dire une chose, en faire une deuxième pour en présenter une troisième, ici, en conditions de guerre, chaque personne dévoile sa personnalité. Qui est bon, qui est mauvais. Ici, des mauvais il n'y en a pas. Je n'en ai pas rencontré et ils n'ont pas leur place.
N.F. : - Je représente un média international. Avez-vous un dernier message à transmettre aux gens qui nous regardent depuis l'Europe, l'Australie, le canada ?
S. : - Quoi leur dire ? sinon le plus important. Nous ne tuons pas de civils, nous ne les persécutons pas. Nous sommes, pour la plupart, originaires de cette région ; nous défendons notre terre. Nous ne laisserons pas de méchantes personnes nous humilier et faire de nous ce que nous ne voulons pas être. Des êtres mauvais.
N.F. : - Ils disent que vous êtes des terroristes.
S. : Quoi qu'ils disent, je m'opposerai à leur façon de faire, qui est de nous tuer. J'ai choisi le bon camp. Je suis à la bonne place et je suis fier d'appartenir à ce bataillon, en dépit des conditions climatiques difficiles et parfois même du manque de ravitaillement.

 


01/02/2016
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