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Zourab Adeïchvili, poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption en Ukraine

Les relations Ukraine-Géorgie entrent dans une phase difficile

Dossier: Règlement de la situation en Ukraine

Nezavissimaïa gazeta
13:47 23/12/2014
MOSCOU, 23 décembre - RIA Novosti

Les autorités géorgiennes rédigent une adresse destinée au pouvoir ukrainien car elles n'apprécient pas la nomination d'anciens fonctionnaires géorgiens à des postes à responsabilité en Ukraine, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le premier ministre géorgien Irakli Garibachvili a évoqué son entretien avec les autorités ukrainiennes lors d'une visite à Samtredia, à l'ouest de la Géorgie. Il aurait fait savoir au président ukrainien Piotr Porochenko et au premier ministre Arseni Iatseniouk que la nomination de membres du gouvernement de Mikhaïl Saakachvili à des fonctions publiques à Kiev ne contribuait ni à l'amélioration ni au renforcement des rapports amicaux entre les deux pays.

D'un côté la nomination, au sein des structures dirigeantes ukrainiennes, d'ex-membres d'un gouvernement qu'on considère aujourd'hui en Géorgie comme criminel apporte un certain degré de "sensibilité" aux relations entre Tbilissi et Kiev. De l'autre, ces anciens fonctionnaires géorgiens sont des gens libres. Ils ont profité de propositions existantes et ont déjà obtenu des portefeuilles en Ukraine. De plus cette dernière, en tant qu'État indépendant, a le droit de mettre en œuvre n'importe quelle politique de recrutement. Et si les autorités ukrainiennes estiment que les réformes de leur pays doivent suivre le modèle géorgien et que cela nécessite l'aide des responsables du Mouvement national uni - ex-parti au pouvoir en Géorgie - tant mieux!

Cette décision de Kiev a immédiatement provoqué un mécontentement notoire au sein du pouvoir géorgien. Mais cette réaction ne s'est vraiment exprimée qu'après l'annonce d'un poste éventuel pour Zourab Adeïchvili, ancien procureur général de Géorgie, et son ancien ministre de la Justice. Contrairement aux autres responsables géorgiens en Ukraine, Adeïchvili est en effet aux prises avec la justice. En Géorgie il est accusé de nombreux crimes très graves, allant de la création de réseaux de corruption à l'abus de pouvoir.

La situation est donc très ambiguë. Selon des sources bien informées, des responsables de l'espace postsoviétique à Washington accordent une attention particulière non seulement à l'ex-président géorgien mais aussi à ses collaborateurs. Les relations entre Tbilissi et Kiev, traditionnellement très amicales, pourraient être éprouvées par cette politique de recrutement contestée des autorités ukrainiennes, mais aussi les actions des mercenaires géorgiens qui prennent part aux combats dans les régions de Lougansk et de Donetsk, du côté des troupes de Kiev.

Le pouvoir géorgien a longtemps gardé ses distances avec le conflit russo-ukrainien. Préoccupé par l'amélioration de ses relations avec Moscou, il s'est limité à des résolutions en faveur de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Mais aujourd'hui la situation le met visiblement dans l'embarras - c'est la seule explication que l'on peut trouver à la tentative très maladroite de se détacher des événements en Ukraine, qui a provoqué un véritable scandale le week-end dernier.

En effet, Tbilissi a reçu le corps du militaire Alexandre Grigolachvili, tué dans la région de Lougansk. Le ministère de la Défense a publié un communiqué spécial rejetant la responsabilité de la mort du jeune homme sur d'anciens responsables qui "cherchent à persuader les citoyens géorgiens de prendre part aux combats à l'extérieur du pays". Et bien que les dirigeants du ministère aient tenté ensuite de désavouer ces propos inacceptables dans ces circonstances tragiques, leur effet public et politique n'a pas été amorti. Le Mouvement national uni a saisi l'occasion pour demander la démission des chefs du ministère de la Défense. Qui plus est, les autorités pourraient être contraintes de reporter leurs plans d'amélioration des relations avec la Russie.

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On a pu lire, ici ou là, certains commentateurs occidentaux comparer la guerre en Ukraine à celle qui a opposé la Géorgie à la Russie en 2008.

Outre le fait qu''il n'y avait rien de comparable entre ces deux situations, relevons que désormais, Tbilissi réagit à la nomination par Kiev de l'un de ses anciens ministres.

Il se trouve, en effet, qu'Irakli Garibachvili, Premier Ministre géorgien, déplore le fait que l'ancien ministre de la Justice de son pays, poursuivi par Interpol pour, entre autre, abus de pouvoir et mauvais traitements infligés à des centaines de milliers de prisonniers, que cet ancien ministre de la Justice, donc, ait été naturalisé ukrainien pour accéder à un poste au nouveau gouvernement démocratique d'Ukraine.

Le premier ministre géorgien, en effet, se demande comment il pourra expliquer à son peuple qu'un ancien ministre de la Justice, principal représentant d'un gouvernement criminel qui a condamné 300.000 personnes, soit désormais candidat au poste de président du Conseil ukrainien pour la lutter contre la corruption.

Tant de personnalités politiques et médiatiques se sont félicitées de l'avènement de la démocratie en Ukraine qu'elles parviendront sans doute à expliquer à qui voudra bien les croire, que la justice des uns n'a absolument rien à voir avec celle des autres.

 http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/12/23/poursuivi-par-interpol-et-pressenti-pour-lutter-contra-la-corruption.html

http://fr.ria.ru/presse_russe/20141223/203291708.html


28/12/2014
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